En 2025, 21 745 subventions « Prévention des risques ergonomiques » ont été versées aux entreprises, pour un montant total de 138 M€, indique l’Assurance maladie – Risques professionnels dans un communiqué publié hier.
Une « année record », se félicite la branche AT/MP, après un démarrage timide du fonds d’investissement dans la prévention de l’usure professionnelle (Fipu)*. En 2024, première année du dispositif, 5 666 subventions avaient été allouées, pour un montant global de 44,1 M€. En un an, le nombre de subventions a ainsi presque quadruplé, et le montant versé a été multiplié par trois. Au 1er avril 2025, à peine 3 % de la dotation annuelle du Fipu, fixée à 200 M€, avait été mobilisée par les entreprises.
Des chiffres qui accréditent la montée en charge défendue au printemps par l’Assurance maladie. « Cette seule subvention a concerné trois fois plus d’entreprises que les subventions versées jusqu’à présent par la branche AT/MP aux entreprises du régime général », souligne-t-elle, estimant que ce bilan « démontre l’intérêt des entreprises pour la prévention des risques professionnels les plus fréquents ».
Comme souhaité par les partenaires sociaux de la branche AT/MP, la subvention a d’abord bénéficié aux petites entreprises en 2025 : 75 % des bénéficiaires comptent moins de 50 salariés. Les aides ont également davantage concerné les activités fortement exposées aux risques ergonomiques, comme les restaurants, cafés-tabacs et hôtels, qui concentrent 14 % des aides.
Le décollage reste toutefois très matériel. Les achats d’équipements ont représenté 84 % des subventions accordées, contre 63 % en 2024, loin devant les diagnostics, les formations, les aménagements de postes individuels en lien avec la médecine du travail et les actions de sensibilisation. Un déséquilibre que le réseau de l’Assurance maladie – Risques professionnels disait vouloir corriger en 2025, en communiquant davantage sur ces dispositifs « encore trop peu sollicités ».
*Créé par la réforme des retraites de 2023, le Fipu finance des actions de prévention de l’usure professionnelle ciblant les trois risques ergonomiques exclus du C2P : manutentions manuelles de charges, postures pénibles et vibrations mécaniques.







