Chez les hommes, les ouvriers des secteurs du bâtiment (gros et second œuvre : 95,8 et 88,1 %), travaillant par formage de métal (86 %), de la réparation automobile (81,5 %) et de la maintenance (67,4 %) sont les plus exposés à au moins un des trois critères (manutentions manuelles de charges, postures pénibles et vibrations mécaniques) du Fipu (Fonds d’investissement pour la prévention de l’usure professionnelle), selon une étude scientifique de l’Université d’Angers basée sur 23 092 travailleurs de 45 ans et plus de la cohorte Constances (10 738 hommes et 12 354 femmes)* mise en ligne en accès libre le 9 décembre sur la plateforme cairn.info. Chez les femmes, il s’agit des aides à domicile/aides ménagères (80,3 %), des aides-soignantes (79,2 %), des assistantes-maternelles (77,1 %), des agentes d’entretien (76,4 %) et des vendeuses (65 %).
Au total, 36,2 % d’hommes et 38,7 % de femmes étaient exposés à au moins un des trois critères du Fipu. Les manutentions manuelles de charge (ou travail en force) concernaient 11,4 % d’hommes et 9,8 % de femmes. Les postures pénibles touchaient 31,9 % d’hommes et 37,4 % de femmes. L’exposition aux vibrations mécaniques touchait 12,4 % d’hommes et 2,6 % de femmes.
En plus des trois facteurs critères du Fipu, les chercheurs de l’Irset (l’institut de recherche en santé, environnement et travail), de Santé publique France (Spf) et de l’Université de Laval (Québec) notamment, ont analysé le critère de la répétitivité « correspondant à une répétition des mêmes mouvements plus de 2 à 4 fois par minute »*. Chez les hommes, les ouvriers des industries de process (40,6 %) et les conducteurs de véhicules (38,4 %) étaient les plus exposés uniquement à la répétitivité. Chez les femmes, les deux familles professionnelles les plus exposées étaient les caissières/employées de libre-service, avec 67,8 % d’exposées et les agentes d’entretien (47,3 %).
« L’ajout du facteur répétitivité augmente la proportion d’exposés, notamment chez les femmes, et fait ressortir de nouveaux métiers comparativement à ceux obtenus avec les critères du FIPU, notent les auteurs. Le choix des critères cités par le FIPU a donc un impact sur les professions et populations concernées. »
* L’âge médian de l’échantillon était de 52 ans pour les hommes et de 51,5 ans pour les femmes. Les hommes étaient principalement des conducteurs de véhicules, des cadres commerciaux et technico-commerciaux, des enseignants et des ouvriers qualifiés du second œuvre du bâtiment et de la manutention. Les femmes étaient principalement des infirmières/sage-femmes, des secrétaires, des agentes d’entretien, des enseignantes et des techniciennes des services administratifs, comptables et financiers.
** Les participants ont été considérés comme exposés s’ils répétaient les mêmes mouvements pendant plus de 4 heures par jour.
Le chiffre : 200 millions
Un arrêté du 22 décembre 2025, publié au Journal officiel du 26 décembre, fixe, pour 2026, la dotation de la branche accidents du travail et maladies professionnelles du régime général au fonds d’investissement dans la prévention de l’usure professionnelle (Fipu) prévu au I de l’article L. 221-1-5 du code de la sécurité sociale. Ce montant est porté à 200 millions d’euros, tout comme en 2025.
Pour rappel, le Fipu offre des ressources financières aux branches professionnelles et aux employeurs pour mettre en œuvre des mesures de prévention des risques liés à l’usure professionnelle. En 2025, il a surtout porté son action sur les aides financières directes aux entreprises, avec un focus sur les petites structures.
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