À l’occasion des Journées de la sécurité routière au travail, le groupe d’assurance MMA a dévoilé le 12 mai les résultats de sa dernière enquête sur le risque routier professionnel menée auprès des TPE/PME. Tour d’horizon des principaux enseignements avec Guillaume Wirth, en charge de la prévention des risques routiers chez MMA.
Guillaume Wirth, porte-parole du groupe sur le risque routier professionnel, nous a présenté hier l’édition 2025 de l’enquête annuelle de MMA consacrée à la prévention routière en entreprise. Réalisée par l’Ifop, l’étude fête ses 10 ans.
Elle a été menée auprès d’un échantillon de 251 dirigeants d’entreprises, représentatif des entreprises françaises de 1 à 49 salariés (méthode des quotas). Les interviews ont été réalisées par téléphone sur le lieu de travail des personnes interrogées du 24 mars au 4 avril 2025.
En mars 2016, le groupe d’assurance avait conduit une enquête similaire auprès d’un échantillon de 602 dirigeants d’entreprises, représentatif des entreprises françaises de 1 à 49 salariés. L’année dernière, MMA mettait l’accent sur la dégradation des comportements des actifs depuis 2015 (voir notre article).
Guillaume Wirth : Ce chiffre déjà peu élevé nous interpelle car il baisse de 7 points par rapport à 2016. Alors même que la situation s’aggrave : 440 personnes ont été tuées lors d’un trajet professionnel en 2023 (dont 296 lors d’un trajet domicile-travail et 144 au cours d’un trajet professionnel) contre 400 décès en 2016. Le risque routier professionnel reste sous-estimé et trop méconnu.
G. W. : La sensibilisation au risque routier professionnel auprès des dirigeants de petites entreprises n’est pas suffisante. Seulement un quart d’entre eux disent avoir été eux-mêmes sensibilisés. Or, nous savons que la prévention passe par eux. La moitié de ces dirigeants sensibilisés ou formés passent à l’acte et mettent en œuvre des actions de prévention. Alors qu’ils sont seulement 22 % parmi ceux qui n’ont pas été sensibilisés.
G. W. : Ils sont 29 % à déclarer avoir mis en place des actions de prévention du risque routier cette année, contre 17 % en 2016. C’est rassurant de voir qu’un peu plus d’actions sont mises en place mais cela reste encore trop peu. Ils sont plus de 70 % à ne jamais en avoir mis en place. Et si on se projette sur 2025, on a seulement 3 % des dirigeants TPE/PME qui déclarent avoir planifié des actions de prévention (contre 4 % en 2016). On voit que l’on est vraiment très loin du compte.
Par ailleurs, les actions mises en place restent majoritairement des actions de contrôle (vérification du permis de conduire ou vérification du véhicule). La diffusion par mail de messages de sensibilisation des salariés aux différents risques routiers est par exemple moins déclarée en 2025 qu’en 2016 (32 % contre 51 %).
G. W. : Le risque routier est davantage mentionné dans le document unique mais cela reste moins d’une entreprise sur deux (49 % contre 21 % en 2016). C’est encourageant mais, là encore, insuffisant. C’est la première étape pour officialiser la prise de conscience. Cela va dans le bon sens.
Sinon, les dirigeants de TPE/PME ont effectivement un peu plus conscience qu’ils peuvent être tenus responsables d’un accident d’un de leurs salariés lors des trajets professionnels (69 % contre 62 % en 2016) mais seulement 45 % le savent pour les trajets domicile-travail. Or, ce sont les trajets qui génèrent le plus d’accidents mortels sur la route dans le cadre du travail. Il faut rappeler que lors de ces trajets quotidiens ou habituels, nous avons tendance à relâcher la tension et générons plus facilement des comportements à risque.
À la question de savoir pour quelle raison principale les dirigeants n’ont pas mis en place d’actions de sensibilisation, certains ont d’ailleurs répondu spontanément que « les salariés réalisent seulement de courts trajets / seulement des trajets domicile-travail ».
G. W. : Le frein majeur est la méconnaissance du risque. Ce n’est pas un problème financier. Seulement 4 % des dirigeants n’ayant pas mis d’actions en place mentionnent leur budget. C’est plus un manque d’intérêt (46 % n’y pensent pas, contre 53 % en 2016) et de temps (21 % contre 12 % en 2016). Il faut savoir qu’ils n’ont pas de ressources dédiées à la prévention routière, pas de référent comme il peut y avoir dans les grandes entreprises ou les entreprises de taille intermédiaire (ETI). Ce que nous souhaitons leur dire, c’est que les actions de prévention du risque routier ne sont pas compliquées à mettre en place.
La première action est simplement de parler de ce risque, de le rappeler en réunion, d’interdire le téléphone au volant ou de mettre des affiches dans les locaux de l’entreprise ou dans les voitures. Nous proposons des kits de sensibilisation personnalisables. Ce sont ni plus ni moins des affiches ou affichettes que l’on peut imprimer avec le logo de l’entreprise. Cela ne prend pas beaucoup de temps et permet d’inscrire le risque routier dans le quotidien des salariés. C’est déjà une grande partie du travail qui est fait.
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