Le travail sur écran de façon prolongée est à l’origine d’effets sur la santé, notamment de fatigue visuelle. Ces conséquences sur la santé sont fonction du temps passé devant un écran, des ambiances physiques (température, humidité) et des paramètres d’affichage. Les postures sédentaires, caractéristiques du travail sur écran, peuvent être la source de troubles musculosquelettiques (TMS) au niveau du cou, du dos, des épaules, des poignets, etc.
Les TMS peuvent aussi être générés par des postures contraignantes ou des mouvements répétitifs. Les postures sédentaires augmentent également les risques de prise de poids, de diabète, de pathologies cardiovasculaires et de cancers. Autre risque, celui d’un stress chronique pouvant être causé par une surcharge cognitive, des contraintes temporelles ou des outils inadaptés ou ne fonctionnant pas.
L’INRS a publié en janvier un guide pratique pour la prévention des risques liés au travail sur écran. L’institut y détaille six thématiques à prendre en compte dans une démarche de prévention de ces risques : l’implantation du poste de travail, le mobilier de bureau, les périphériques informatiques, l’aménagement du poste de travail, les postures de travail et l’organisation du travail.
L’ambiance lumineuse, ou éclairage, est un paramètre central de l’implantation du poste de travail pour réduire la fatigue visuelle. Il faut s’assurer que « l’implantation du poste de travail contribue à limiter les reflets et éblouissements liés aux sources lumineuses, et que l’ambiance lumineuse générale permet d’assurer un contraste homogène » entre l’écran, le plan de travail, les murs, etc.
L’accès à la lumière naturelle est à privilégier mais peut être complété par un éclairage artificiel (le mixte vers le bas et vers le haut étant le meilleur compromis). Idéalement, « le salarié doit pouvoir adapter la disposition et l’intensité des sources lumineuses ».
Au niveau du mobilier de bureau, des critères de choix sont à considérer lors de l’acquisition. À titre d’exemples :
- un plan de travail avec une hauteur ajustable et permettant d’alterner les positions assise et debout ;
- un siège avec une assise pivotante, une hauteur de l’assise réglable et une profondeur pour appuyer le dos sur le dossier ;
- et un repose-pieds.
D’autres types de sièges existent en fonction de l’activité : des sièges assis-debout (sans roulettes et déplaçables aisément) ou des sièges avec assise surélevée et repose-pieds intégré (avec roulettes autobloquantes).
En outre, ces sièges de bureau « traditionnels » peuvent être complétés par des alternatives « dynamiques » pour varier les postures. Par exemple, le siège-ballon ou « swiss ball », le tabouret/siège dynamique, le vélo-bureau ou ergocycle, le tapis de marche. Les vitesses de ces derniers équipements doivent être adaptables pour permettre une activité physique légère et l’activité professionnelle.
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Une attention particulière doit être attribuée aux périphériques informatiques. Il faut « s’assurer de l’adéquation entre les caractéristiques de l’écran envisagé et les besoins propres à l’activité ». Le collaborateur doit pouvoir régler la hauteur, l’orientation, l’inclinaison, la luminosité et le contraste de son écran. La taille et le nombre d’écrans sont également à déterminer.
Pour le clavier, il faut idéalement le choisir plat et en tester plusieurs types pour trouver le plus adapté à ses besoins : sans fil, compact sans pavé numérique, éclaté, etc. Il en est de même pour la souris ou le dispositif de pointage. Le choix dépendra, entre autres, de la main dominante de l’utilisateur et de sa taille, de la présence de douleurs, de l’activité exercée (traitement d’images, saisie par exemple).
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L’INRS rappelle les bonnes pratiques d’aménagement du poste de travail, notamment le fait d’avoir un écran à hauteur des yeux (plus bas pour les salariés porteurs de verres progressifs). L’institut conseille ainsi de réhausser l’ordinateur portable s’il n’est pas relié à un écran externe. Notons à cet égard que les tablettes tactiles ne doivent pas être utilisées comme outil de travail principal pour les tâches informatiques effectuées au bureau, précise l’INRS.
Concernant le clavier, les poignets ne doivent pas reposer continuellement sur le plan de travail pendant la frappe. Dans le cas du flex-office (pas de bureau attribué), l’INRS recommande que tous les éléments du poste de travail soient réglables facilement : siège, écran, plan de travail.
L’institut souligne « qu’il n’existe pas de posture idéale ». Mais la posture assise sur un siège de bureau traditionnel reste la plus adoptée. Elle nécessite des « règles d’or » à viser (en prenant en compte la situation de chacun) : pieds à plat au sol, cuisses horizontales, angle droit formé par les genoux, bas du dossier soutenant le dos, haut du dos droit, avant-bras sur les accoudoirs, épaules relâchées, bras et coudes proches du tronc, avant-bras et mains sur le poste de travail, tête droite.
Selon l’INRS, afin de lutter contre la sédentarité au travail, il est préconisé « d’alterner entre la posture assise sur un siège de bureau traditionnel et d’autres postures de travail » citées précédemment (siège dynamique, swiss ball, ergocycle, etc.).
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L’organisation du travail joue un rôle sur les risques liés au travail sur écran. Il n’est pas bon d’enchaîner une journée complète de travail sur écran. L’INRS suggère de régulièrement « quitter l’écran des yeux » et de « rompre la posture assise » (position debout, déplacement, étirements). L’organisation du travail doit « permettre d’alterner le travail sur écran avec d’autres tâches, ou a minima permettre une prise de pauses régulières » (toutes les 30 minutes).
Ces préconisations de l’INRS sont à adapter aux spécificités de chaque entreprise et doivent être mises en œuvre après discussion avec la direction, le CSE et les préventeurs. Elles s’accompagnent d’actions de sensibilisation, d’information et de formation sur ces risques. Des acteurs externes, tels que les Carsat, peuvent accompagner les entreprises dans la démarche.
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