À l’occasion de la semaine européenne de la sécurité et de la santé au travail du 21 au 27 octobre 2024 (semaine 43 du calendrier), la confédération européenne des syndicats (CES), qui regroupe la plupart des organisations syndicales européennes, appelle dans un communiqué à « agir rapidement pour lutter contre la vague croissante d’épuisements professionnels et de stress lié au travail ».
Elle invite la Commission européenne à prendre trois initiatives législatives. Premièrement, une directive sur le télétravail et le droit à la déconnexion jugée « nécessaire de toute urgence pour garantir que les nouvelles pratiques de travail ne portent pas préjudice aux travailleurs ». La CES demande à ce que la deuxième phase de consultation « soit avancée maintenant ». Une première phase de consultation des partenaires sociaux a été tenue du 30 avril au 11 juin 2024 en vue d’une future législation. Le CES a publié cet été les principaux éléments de sa réponse à la Commission.
Deuxièmement, une directive pour lutter directement contre le stress au travail. La CES estime que le stress au travail est responsable de plus de 40 % des cas de dépression dans l’UE et au Royaume-Uni. Or, moins de 40 % des lieux de travail de l’UE disposeraient de plans d’action pour prévenir les risques psychosociaux, souligne-t-elle.
Troisièmement, une directive consacrée à l’IA au travail. Le CES déplore que le récent IA Act européen ait introduit une lacune « qui met en péril la sécurité et les droits fondamentaux des travailleurs ». « L’utilisation de l’IA sur le lieu de travail ne sera restreinte que si elle présente un « risque significatif », explique la confédération dans un communiqué publié cet été. Cela n’est pas conforme au principe de précaution. Cette charge supplémentaire pour les travailleurs n’est pas acceptable et expose leur sécurité et leurs droits à des abus. »
« Trop de patrons abusent de l’intelligence artificielle pour exercer une surveillance orwellienne sur les travailleurs, qu’ils soient sur leur lieu de travail ou qu’ils travaillent à domicile, critique Giulio Romani, secrétaire confédéral de la CES. Ces pratiques, associées à une culture de la disponibilité permanente et à l’insécurité du travail, expliquent pourquoi l’Europe connaît aujourd’hui une épidémie de stress, alors que le bien-être des travailleurs devrait être le premier élément de la compétitivité de l’Europe dans la concurrence internationale. »
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