Entre janvier 2025 et janvier 2026, le score moyen de bien-être mental des salariés (indice WHO-5 de l’OMS) a progressé de trois points pour atteindre 62,8/100, selon la deuxième grande enquête sur la santé mentale au travail menée par l’Ifop avec Moka.Care, le Boston Consulting Group (BCG) et le GHU Paris psychiatrie & neurosciences publiée le 24 mars*. Des résultats qui confirment ceux du dernier baromètre du cabinet Qualisocial.
74 % des salariés se situent en situation de bien-être mental (score supérieur à 50), soit une hausse de quatre points en un an. 7 % sont en détresse psychologique ou présentent une potentielle dépression clinique en 2026 (Score ≤ 25), ils étaient 9 % en 2025. Les troubles du sommeil reculent à 48 % (contre 55 % en 2025) et l’irritabilité diminue de six points, à 36 %.
Pour autant, « cette amélioration ne doit pas masquer une situation qui demeure contrastée », soulignent les auteurs. Un salarié sur quatre est en situation de mal-être selon l’indicateur WHO-5. Les femmes affichent un score de bien-être mental significativement inférieur à celui des hommes (60 contre 66), malgré une amélioration par rapport à 2025 (55,7/100). Les jeunes sont aussi davantage concernés : 76 % des moins de 35 ans déclarent avoir déjà ressenti au moins un trouble lié au travail, contre 64 % des salariés de 35 ans et plus.
« Notre étude rejoint ce que les spécialistes de la psychiatrie observent chez les jeunes : la vulnérabilité psychique est de plus en plus précoce, et les cas graves augmentent, alerte Florence Patenotte, directrice de la communication et du mécénat au GHU Paris. Les milieux professionnels sont clairement des espaces privilégiés de détection et de prévention pour cette population. »
Les auteurs rappellent que « l’entreprise apparaît comme l’un des rares leviers stabilisateurs sur lesquels il est possible d’agir » dans un monde que certains qualifient désormais de BANI (pour Brittle, Anxious, Nonlinear, Incomprehensible, soit fragile, anxieux, non linéaire et incompréhensible)**. 69 % des salariés estiment que le travail contribue positivement à leur santé mentale.
« Notre étude montre que les salariés attendent un engagement fort de leurs employeurs, insiste Fanny Potier, directrice au BCG. Une très large majorité des salariés estiment toujours que ces derniers doivent mettre en place des actions pour protéger la santé mentale de leurs collaborateurs (85 % vs. 86 % en 2025) et 84 % d’entre eux qui considèrent la santé mentale comme un enjeu de société majeur. Le besoin de mettre l’humain au centre des transformations d’entreprise ressort comme un enjeu clé. »
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* L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 2 000 salariés d’entreprises du secteur privé et du secteur public en France, échantillon représentatif de la population salariée française. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 9 au 20 Janvier 2026.
** Il s’agirait d’un monde post-VICA, acronyme plus connu, qui signifie un monde volatile, incertain, complexe et ambigu.








