EEn 2019, les salariés reconnus handicapés présentent une exposition aux huit grandes dimensions des risques professionnels plus importantes que l’ensemble des salariés. Cette surexposition est particulièrement importante pour la pénibilité physique (score moyen de 3,6 sur 10, contre 3,1 pour l’ensemble des salariés), le manque d’autonomie et de marges de manœuvre (3,3 contre 2,8), et le manque de soutien social et de reconnaissance (4,3 contre 3,8). Notons que cette surexposition est du même ordre pour les femmes et les hommes.
La Dares a mis en œuvre des modèles statistiques pour étudier la situation à caractéristiques comparables. Et même ainsi, c’est-à-dire à caractéristiques sociodémographiques et professionnelles données, « les salariés reconnus handicapés présentent des scores d’exposition aux risques professionnels significativement plus élevés » (a minima + 0,3 point sur 6 des 8 grandes dimensions des conditions de travail). Dans les familles où l’écart est plus marqué, on retrouve le manque de soutien social et de reconnaissance, l’intensité du travail et l’instabilité du poste.
La Dares s’est aussi penchée sur le cas des salariés dits en situation de handicap qui inclut les personnes déclarant à la fois un problème de santé durable et des limitations d’activité. Notons que dans cette étude, les personnes handicapées sont principalement définies par la reconnaissance administrative d’un handicap ou d’une perte d’autonomie (statut de travailleur handicapé, bénéficiaire de l’allocation aux adultes handicapés, d’une pension ou d’une carte d’invalidité, d’une rente d’incapacité permanente partielle, etc.).
Pour ces personnes, la surexposition moyenne est encore plus marquée, que ce soit sur le chiffres bruts, mais aussi à caractéristiques comparables (voir le graphique ci-dessous).
Les salariés reconnus handicapés, et ceux en situation de handicap sont globalement surexposés aux facteurs de pénibilité physique. Ils sont particulièrement exposés à des bruits intenses (27 % contre 18 % des salariés) ou à des postures, déplacements et mouvements pénibles (41 % à 45 % contre 36 % à 38 %).
Au niveau de la santé mentale et des facteurs de RPS, les travailleurs handicapés ont une moindre autonomie opérationnelle et hiérarchique : ils cumulent plus fréquemment des facteurs associés au risque de manque d’autonomie et de marges de manœuvre (32 % contre 25 % de l’ensemble des salariés).
Cette autonomie limitée va de pair avec moins d’opportunités d’apprendre et de développer de nouvelles compétences. Les salariés handicapés ou en situation de handicap subissent aussi davantage de tensions avec leurs différents interlocuteurs, « et se déclarent plus souvent bouleversés, secoués ou émus et mentionnent devoir davantage dissimuler leurs émotions sur leur lieu de travail ».
Globalement, les salariés handicapés jugent « plus souvent leur travail mauvais pour leur santé, et déplorent davantage un manque de soutien de leurs collègues ou de leur hiérarchie ».
Les employés handicapés ont la même exposition aux risques que l’ensemble des employés, sauf pour les exigences émotionnelles et les conflits de valeur, facteurs de risques pour lesquels l’exposition est plus marquée. Les employés handicapés font aussi particulièrement état de relations tendues au travail et ils expriment une « carence de moyens pour réaliser correctement leur travail (temps, informations claires, formation continue) ».
Pour les risques physiques, la surexposition est particulièrement importante par rapport à l’exposition à « des substances nocives, à un environnement insalubre (saleté, humidité, etc.) et très bruyant, ainsi qu’à des trajets domicile-travail éprouvants ».
Les ouvriers handicapés ont une exposition très similaire à celles de l’ensemble des ouvriers, sauf pour trois facteurs : le manque d’autonomie et de marges de manœuvre (+ 0,4 point), de soutien social et de reconnaissance (4,4 contre 4,1), ainsi que les contraintes organisationnelles (3,0 contre 2,8). L’exposition des ouvriers handicapés apparaît plus faible en matière de pénibilité physique que pour l’ensemble des ouvriers (4,8 sur 10 contre 5,1).








