Vincent Finger, médecin du travail au service de prévention et de santé au travail interentreprises Intermetra à La Réunion, a lancé le 17 avril une pétition pour abaisser les seuils maximaux de port de charges prévus par le code du travail.
« Saviez-vous qu’aujourd’hui en France (pays des Droits de l’Homme), le Code du Travail (article R4541-9) autorise un employeur à faire porter à un travailleur des charges de 55 kg toute la journée pour un homme et 25 kg pour une femme ?, dénonce-t-il. La loi autorise même d’aller jusqu’à 105 kg si le médecin du travail donne son accord ! Nous sommes les seuls au monde à autoriser cela, oui oui c’est vrai (du moins dans un texte de loi). »
Il propose :
- d’abaisser le plafond légal à 25 kg pour les hommes (au lieu de 55 kg) et à 15 kg pour les femmes (au lieu de 25 kg). « Partout dans le monde, les médecins, les experts de la santé au travail et les ergonomes sont clairs : pour ne pas s’abîmer le corps, il ne faut pas dépasser 25 kg pour un homme, et 15 kg pour une femme », soutient-il ;
- de supprimer la limite « inhumaine » de 105 kg ;
- et d’obliger les employeurs à fournir « des machines (chariots, transpalettes, etc.) » dès qu’un objet dépasse « habituellement » les 25 kg (aucun seuil de ce type n’est prévu par le code du travail en la matière). « Il existe encore des sacs de gravats ou de ciment à 35 kg dans les enseignes de bricolage, c’est un non-sens ! », déplore-t-il.
« Il faut arrêter de briser le dos de ceux qui travaillent dur chaque jour. La santé est plus importante que tout, conclut-il. Respectons les métiers pénibles qui ont commencé à travailler à 16 ans, et laissons-leur un minimum de santé pour qu’ils puissent profiter de leur retraite debout (pas dans un fauteuil roulant ou avec des cannes !). »
Ces seuils sont issus d’un décret du 21 mai 1965, indique l’INRS dans un aide-mémoire juridique de 2016. Établis « pour tenir compte de deux modes d’emballage, le sac de jute de 100 kg, et le sac en papier de 50 kg », ils n’ont pas évolué depuis. En principe, ces seuils devraient avoir une portée limitée. D’autres dispositions du code du travail imposent à l’employeur d’éviter le recours à la manutention manuelle et d’en réduire les risques (articles R4541-1 à R4541-10).








