« L’année a été marquée par des travaux mettant en jeu des batteries au lithium », souligne Henri Kaltembacher, directeur du BEA-RI (bureau d’enquêtes et d’analyses sur les risques industriels), dans le rapport d’activité de l’année 2024. En effet, ce dernier dévoile un programme d’essais sur les batteries usagées, en fonctionnement ou en déchets, dont les premières conclusions sont déjà partagées au sein du rapport. Est également annoncée la signature cette même année d’une convention entre la direction des affaires criminelles et des grâces et le BEA-RI pour traiter des échanges dans le cadre de leurs enquêtes respectives.
En 2024, 10 enquêtes ont été ouvertes concernant des évènements (incendie, explosion, fuite/rejet) survenus sur 6 installations classées Seveso seuil haut et 4 installations soumises à autorisation. Les secteurs concernés sont l’industrie agroalimentaire, l’aciérie, les déchets, l’industrie chimique et l’industrie pétrolière.
7 rapports d’enquêtes ont été publiés pour des évènements survenus en 2021, 2023 et 2024, faisant ressortir une soixantaine de recommandations.
Ces 7 enquêtes ont permis de mettre en lumière plusieurs phénomènes ignorés ou méconnus par les opérateurs au moment où les accidents se sont produits.
Parmi ces phénomènes, citons le phénomène de dessication, modifiant les propriétés d’explosivité des poussières maintenues longtemps dans un four ou encore le comportement de produits chlorés en présence d’eau ou de graisse utilisée pour l’entretien des machines.
► Renforcement des mesures techniques
Des recommandations techniques ont été formulées pour prévoir dès la conception, des dispositifs qui permettent d’éviter les situations à risques causant des accidents. L’accent est également mis sur la nécessité d’entretenir les installations conformément aux règles définies par le constructeur.
A été également préconisé le renforcement de barrières techniques, notamment en ce qui concerne la détection précoce de situations dangereuses : l’ajout par exemple de détecteurs pour repérer plus tôt les phénomènes de montées en pression ou de température.
► Des axes de progrès sur les moyens humains et organisationnels
La formation des opérateurs a également fait l’objet de recommandations, notamment sur la maîtrise des procédures écrites et la sensibilisation aux risques.
Des axes de progrès possibles sur l’intervention des secours internes ou externes au site ont aussi été identifiés : améliorer l’information des tiers et des autorités ainsi que la mise à disposition des moyens d’intervention (par exemple les moyens en eau).
Les recommandations ont également porté sur la nécessité pour l’exploitant de définir ou de mieux définir des modes opératoires pour des tâches complexes.
► Des études à réaliser pour mieux maîtriser les risques
La réalisation de plusieurs études par l’industriel a été recommandée par le BEA-RI, pour rechercher des mesures de prévention ou de mitigation.
Les thématiques sur lesquelles ont porté les études étaient notamment les suivantes :
- les phénomènes d’explosion de conduites et la tenue des canalisations à des chargements dynamiques ;
- l’instrumentalisation des installations pour identifier d’éventuelles explosions possibles y compris à faible échelle ;
- la prise en compte du retour d’expérience d’accident dans l’élaboration des études de dangers d’installations similaires ;
- la vérification de l’adéquation d’une installation de traitement de fumées (caractéristiques et dimensionnement) ;
- la réévaluation du dimensionnement des évents de surpression de silos.
► Un renforcement des contrôles nécessaires
Le BEA-RI a également attiré l’attention sur le renforcement nécessaire des contrôles portant sur ta température des silos, sur le vieillissement des tuyauteries des unités industrielles ou encore sur le marquage et panneaux d’informations relatifs aux risques ou à l’interdiction de manœuvre de certains organes.
► Premières conclusions du rapport d’activité 2024
Des premières conclusions sur le retour d’expérience des batteries au lithium sont partagées dans le rapport d’activité. Pour le stockage stationnaire d’énergie, les causes de l’incendie consistaient en un défaut des modules, à la présence d’humidité notamment. Plusieurs enseignements ont été tirés, dont certains sont à souligner : l’inefficacité des systèmes d’extinction vis-à-vis du risque d’emballement, le positionnement de la réserve en eau trop proche des conteneurs ou bien l’absence de sauvegarde des paramètres d’exploitation et des alarmes.
Dans le cas d’un entrepôt de stockage de batterie, il a été constaté que la chimie de la batterie peut déterminer la montée en puissance et la propagation de l’incendie. Plusieurs constats ont été soulevés en l’espèce :
- le système d’extinction automatique type 1510 était insuffisant pour certains feux ;
- l’atteinte de températures importantes pour certaines chimies de batteries avec risque d’atteinte aux structures béton ;
- la pertinence d’une extinction à l’eau rapide et massive et celle d’un système de désenfumage adapté.
► Nouvelles recommandations issues des enquêtes de 2025
En 2025, deux enquêtes ont été publiées sur des incendies qui concernaient des batteries au lithium et qui ont eu lieu respectivement en juin 2022 sur un parc photovoltaïque et en janvier 2023 sur un entrepôt de logistique.
| Recommandations issues du rapport relatif au parc photovoltaïque | Recommandations issues du rapport relatif à l’entrepôt de logistique |
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A destination de l’exploitant et du concepteur du conteneur :
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A destination du fabricant de batteries :
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| A destination du fabricant de batteries : adapter la documentation et mentionner clairement le risque de présence d’eau ou d’humidité due notamment aux systèmes de climatisation | A destination de l’exploitant de l’entrepôt : réévaluer périodiquement la pertinence des moyens d’intervention en cas de sinistre en fonction de la dangerosité des matières stockées. |
| A destination du fabricant du système incendie : améliorer l’information des clients sur les limites des systèmes d’extinction par inertage en cas d’incendie provoqué par un emballement thermique | A destination de l’autorité réglementaire : faire évoluer la réglementation pour mieux encadrer l’implantation, les dispositions constructives, l’exploitation et la gestion en cas d’accident des sites de stockage des batteries neuves ou usagées, en fonction des typologies de batteries |
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